Souffle, Prométhée !
Allez, souffle sur les braises de l’Humanité…
It wasn’t supposed to happen
But the door slid opened and it did
And although it is no more
Nothing will be quite the same
Ever again
Entre deux heures et trois heures du matin. Tout le monde dort. Je me suis levée car je n’arrive pas à dormir. À cette heure ci il est deux ou trois heures du matin de n’importe quel mois de n’importe quelle année et tant que j’ai bien chaud je suis aussi où je veux. Si je veux même j’ai une petite vingtaine d’années à écouter ma musique préférée, j’ai toute la nuit devant moi, j’ai toute la vie devant moi. Je ferai ce que je voudrai car ce qui compte essentiellement c’est les harmonies de cette musique et avec qui je l’écoute et s’il aime la musique autant que moi, autant que moi il m’aime, autant que moi je l’aime, lui, la musique et la vie en général! Je peux être à la montagne où à la campagne dans des endroits que je ne suis même pas sûre de retrouver sauf dans ma mémoire et dans mon cœur (là je sais naviguer) ! Une gratitude infinie pour ceux qui nous y avait menés, malgré le poids des ans. quelle forme épatante, tout de même. Heureusement là j’ai un truc pour me tenir chaud. C’est la fin du disque, je remets ? À ces heures au delà des heures je n’arrive pas à croire que je n’y sois plus, dans ces moments. Ça paraît absurde. Impensable. Irrationnel. Drôle tellement ça parait impossible, et parfois je regarde le monde autour de moi quand il fait jour et je ne comprends plus rien non plus. Comment on en est arrivé là, vers quoi on semble aller. Et je ne me reconnais plus rien. Elle est où cette rage folle de vivre, cette légèreté, cette foi absolue ? Je ressemblerais donc à ces vieux tout bleus, aux vioques qui débloquent ? Mais non c’est pas possible. Plus tard. On verra. La jeunesse doit m’apprendre à me remplumer les ailes. On verra plus tard pour le plomb. Le saturnisme c’est pas mon truc. Voilà : le live parce qu’il y a cette note cette note précise qui tient tout le morceau. Et puis aussi parce que je deviens partie du public et je vis avec eux ce concert mythique. La solitude vient de ne pas pouvoir partager tous les souvenirs, (ils sont trop légers pour supporter les mots, ça les briserait, et ça c’est grave, alors je partage pas, et de toute façon, à quoi bon ? Que raconterai-je, c’est pas en mots que ça se vit?). Et aussi de pas aimer la même musique. La précisément la guitare, parfait. Combien de fois l’ai-je écoutée ? Je devrais écouter la jeunesse c’est eux qui ont raison, ils partagent, ils vivent même si leur musique elle est pourrie il faut bien le dire et je ne peux avoir que raison. La j’ai froid un peu, Bigre, trop fine cette étole faudra ajuster. Je vais aller me planquer sous la couette.
Entre deux et trois heures il n’y a plus d’horaire. Plus non plus de distance. Plus de raison ni de déraison. Juste ce qui compte vraiment. Les voiles sont fins, plus encore que cette étole . A la fin de la chanson j’y retourne. Au dodo. Au maintenant. Ça va j’ai le temps. La chanson dure quinze minutes. Et je la remettrai sans doute.
Il y aura d’autres chansons qui compteront, j’espère des très belles. D’autres arpèges esquisses d’accords, d’autres envolées… entre deux et trois heures de la nuit, c’est encore le matin. Passé présent futur tournoient se tutoyent et nous destinent, nous dessinent et nous peaufinent, nous parsèment d’essence et allument nos rêves!
Bonne nuit à toi qui sais, même si tu ne sais peut être pas
Que je dise ou que je ne te dise pas, je te souhaite de dormir mieux que moi !
Tu me manques.
Comme tu me faisais rire, des grains de sel sur la tomate
Comme tu me taquinais, quel scandale
Comme tu me faisais fondre, les grains de vanille de l’affogato
Comme tu me rendais courageuse, les grains de force dans le regard, les petites attentions et aussi les grandes
Comme tes yeux pétillants, les grains de soleil sur la mer
Comme tu me connaissais
Comme tu me voyais
Et tout l’indicible, par pudeur un peu, horreur des listes complètes beaucoup, et au-delà de tout cela, l’ineffable irremplaçable
« Le souvenir. ô la dernière auberge ! »
Espoir imparfait toujours présent
Comme au loin très loin
D’un autre temps peut être mais toujours un guide
Une lueur vacillante qui clignote entre mes cils
Une étoile dans le ciel noir
Un voyage dans le temps
Des grains de lumière dans l’océan du soir
Des grains de poussière minuscules qui dansent toujours
Le soubresaut
Je ne sais même plus, j’ai oublié. La solitude a pris toute la place, celle des souvenirs aussi. Celle de la rancœur, toute la place, comme le manteau blanc de la neige qui absorbe tout, les couleurs, les bruits aussi. Trop de neige, sous la neige encore de la neige et je n’ai pas assez de chaleur pour tout faire fondre. Quelle horreur comment m’en départir ?
Tout d’abord je dois me réchauffer
Et puis contre toute attente un soubresaut, comme un hoquet ! la lueur d’espoir, aube de cette nuit épaisse... Tant pis s’il pique ! tant pis si le soubresaut a été l’envie ! quand j’ai entr’aperçu que, peut être, ça aurait pu être différent, peut être mieux, pleutre être pas. Mi-eux, mi moi mais quel émoi ! Quand j’ai accepté que j’étais déçue… certes, mais pas déchue d’espoir. Un soubresaut, comme la ligne tranchante sinueuse et lumineuse, ligne de crête des monts célestes gris foncés comme les sourcils de l’amertume : des nuages qui cachent, mais pour combien de temps encore le soleil… dont c’est la nature réchauffer.
À moi de tout arranger en dessous pour que sous le manteau tout resplendisse, quand la neige aura fondu. Allez. On remet de l’ordre dans les plumes, la plume est mon alliée, tiens elle sait piquer elle aussi ? Les endormis, la curiosité ? Elle pique, mais pas du nez, sans voler, pour mieux s’envoler, allez l’ailée !
Car au fond : je voudrais bien que ce soit différent. Plutôt : je voudrais que ce soit plus heureux, plus léger, plus aimant à la fin, même si c’est différent !!
Et puis j’ai des fourmis dans les ailes, à la fin. Il fut un temps, j’eusse convoqué mon tapis magique. Mais il est au pressing à froid en ce moment, à défaut d’être pressé car il faut bien dire qu’il ne l’a jamais été. Mince alors, va falloir apprendre à s’élever différemment, oui oui pas trop haut la cire fond, tout ça tout ça.
Moi aussi j’ai le droit. Ça peut être mignon mi trognon, mi oiseau mi gratteur, ni blanc ni noir, aimant, pas magnétique, dans tous les languages imaginaires imaginables imagés, je sais pas, en fait, on verra. En tous cas, la neige, y’en a marre.
Quand il fait tard
Quand il fait noir
Quand tu n’es pas encore mais presque complètement tout chaud-dodo
Et voilà
Dans le train
Les bons sandwiches
Les grosses valises
La bonne mine
Et le petit pincement au cœur
Minuit vingt sept
J’ai pas envie de me coucher
Mon morceau du moment en boucle
Des arpèges de guitare classique qui me font penser aux escapades d’été
En voiture bercée heureuse
Mais qu’est-ce que je peux dormir en voiture sérieux
Elle m’avait manqué cette intime solitude du creux de la nuit
In Time
Il vient de loin ce souvenir
J'ai vraiment essayé de l'oublier mais il revient de temps en temps me hanter
Refleurir
Le coquelicot
Il revient me rappeler
La beauté de la simplicité
comme un rappel à l'humilité
… Elle était si belle
Et je n'ai jamais été si jalouse
Mais ni de sa beauté
Ni de sa jeunesse
Ni même de la grâce avec laquelle elle t'avait voussoyé et puis souri
Ni de sa robe qui volait au vent
Une candeur veloutée
En crêpe de soie rouge orangé
Diaphane
Comme un coquelicot dans les champs
Mais elle t'a regardé : comme j'aurais voulu pouvoir le faire
Une nudité mêlée de pudeur
Qu'elle me pardonne ce sentiment infâme
Cette odieuse disgrâce
Qui frappe en leur coeur
Les prisonniers de la fierté
Elle était tellement forte dans sa simplicité
Alors j'en ai pris de la graine
J'essaye de faire comme elle
Maintenant peut être
Le souvenir peut retrouver son flacon
Alors j'envoie un sourire plein de gratitude
A ce coquelicot dont j'ignore le nom
Qui m’a appris une si belle leçon
En rangeant mes petits hauts, une pépite ! J'ai trouvé un polo que je lui ai piqué !! Surtout il ne le sait pas, s'il le savait ce serait terrible ! il me le donnerait, et il ne serait plus à lui !!!... Je le lui ai rapporté, un jour, et j'ai changé d'avis à la dernière minute : je l'ai gardé.
Il ne me va pas du tout, évidemment, et il n'est pas question de le porter ! Je préfère me rappeler que c'est le sien, en coton épais, doux, un peu délavé, j'adore le toucher.
Je lui dirai peut être un jour. Peut être pas, Je pense sans doute pas. Mais... si je le garde et ne dis rien, jamais il ne va porter son polo, et comment je vais faire pour le recharger...
Au tout petit matin
Peut-être même (h)or(s) de la nuit
Un beau long chemin devant nous
Envie d'y aller
Mais nous sommes encore enfermés
Clair ouvert éclairé calme dégagé
Lumineux le soleil bleu giratoire
Qui ne nous aveugle pas
Ou d'ailleurs : peut être pas un soleil
Dragon qui chante
c'est un secret
il chante la nuit
Il chante en secret
Personne ne sait
Il chante la nuit
Déchante l'ennui
Il chante la vie
Il change la vie
Il chante et gronde
Personne ne sait
Comme un son-monde
Il chante son cœur
Lucarne ondulante
Sur une forteresse volante
Qui vibre au gré
Du gris si près
Ne lui dites pas
Il ne sait pas
C'est un secret
Monstre sacré
Quand il chante
Ya tout qui chante
Ya tout qui change
Aussi la météo
Alors on grimpe aux croches
On s'accroche aux forte
Et on se hisse en portées
Jusqu'au dessus des nuages
Où il fait toujours beau
Les nuages ourlés d'or
Du dragon le trésor
Magnifique Ténor
Sur son ouate duvetée
Le monde à ses pieds
Dragon qui chante
C'était la nuit
Les nuages ont fui
Maintenant c'est le jour
Maintenant c'est l'amour
Faut pas lui dire
En tendant l'oreille
En écoutant ses merveilles
Sonne le réveil
Et raisonne l'éveil
Faut pas lui dire
Il fait ma météo
Quand je l'entends fredonner
Au détour d'un moment
Il croit que j'entends pas
Il croit que j'écoute pas
Il ne sait pas
Et je ne le lui dis pas
Mais peut-être il le sait
Mon dragon qui chante
Qui change la nuit
Et enchante ma vie
La médaille
Du passe muraille
Pile
Tu es là tu te faufiles
Sans bruit toujours
A pas velours
Face
Tu passes et tu t'effaces
Pénélope absente Ulysse languit
Il est venu sur la pointe des pieds
Très doucement pour ne pas me réveiller
M'embrasser la joue et me chuchoter
Bonne journée maman ! Et il a filé !
Ce soir quand il ne voudra pas
Faire son piano faire ses devoirs
Finir son assiette d'épinards
J'y penserai en essayant de rester calme
Et encore plus tard cette nuit
Ce sera moi qui sans un bruit
Viendrai le reborder et sur sa joue
L'embrasser
Bonne nuit mon petit chéri
Barcarolle
Et manque à l'être
Barque à qui
Et manque à lettres
Barque en fêtes
Et l'âme en quête
Barque en rock et drôle à tête
Je ne puis dire
Jeune noeud
Puits d'ire
Bar à trolls
Et barbes en faîtes
Barbe à qui ?
Barbe au fou
Manquait plus que ça
Vent fou
Savant fout
Ça rend fou
Hareng flou
Tais moi le camp
Et tiens le clou ça va aller
Sans barbe sans barque
Sans fou sans lettre
Sans troll sang de bête
Sans manque à rolls
Sans barque à l'être
Sens rien sans toi
Barcarolle et manque à l'être
Manque à l'être, ton absence
Comme une exquise souffrance
Que nulle saveur
Nulle couleur
Nulle beauté
Ne peut combler
Alors je crée
Un monde secret
Comme une échelle
Qui grimpe au ciel
Pour te retrouver
Subtile clarté !
Et tu reviens
Dans mon jardin
Quand tu es là
Comme tu m'effleures
Et te faufiles
Infinie douceur
Tu passes chaque muraille
Construite autour de mon coeur
Tu es rentré sans faire de bruit
Et tu n'es plus jamais parti
O inattendue candeur !
Profil aquilin ultra léger
Jamais ne se délabre
Joli candélabre
Douce chaleur
Jamais ne me brûle
Sauf ton absence
Comme une errance
Un manque à l'essence
Une itinérance
Intime errance
Car rien ne puis dire
Cher amour
Écho velours
Cela sera-t-il un jour
Cela a toujours été
Mais pas encore
En corps
Coucou
Un coup il est là
Un coup il est pas là
Mais quand il est pas là
Il est bientôt re là
Donc il est pas vraiment pas là
Et quand il est là
Il est vraiment vraiment tellement là
Quel bonheur
Le dragon qui chante
En plein mois de novembre
La lumière m'a réveillée
J'ai dit viens on seche tout
On envoie valser la routine
On part à l'aventure
Allez viens soyons fous
On est sorti de Paris
On a oublié les devoirs
On a tout remis à plus tard
On a vu de drôles d'oiseaux
Dans un parc très bien léché
On a mangé un super goûter
On a joué au foot avec un pompon
On s'est perdu pour de faux
Dans les allées soignées
Et les contre allées aux mèches rebelles
Et je n'ai pas trouvé mon arbre
Mais on a bien rigolé
Puis par un nouveau chemin
Tout tranquillement
Heureux rechargés
On est rentré à la maison
On a fait les devoirs
On a rangé la chambre
Et juste avant de dormir
La routine est revenue
Toute timide certes
Mais le rose aux joues
Le sourire aux deux oreilles
Et une mèche rebelle
Couleur feuilles d'automne